L’âme des Pyrénées

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IMG_2096-1Oscar Commettant écrivit en 1866: « Cet animal, que les pasteurs appellent dans leur patois « Ca de oilles » (chien de brebis), a pour les brebis un amour poussé souvent jusqu’à la tendresse la plus exquise. Il les aime autant qu’il sait les défendre et les lèche pour leur exprimer toute sa tendresse »

 

L’importance de l’écologie nous apparaît de plus en plus évidente au fur et à mesure que se révèlent à nos yeux les effets négatifs de notre action sur notre environnement, notre planète: pollution de l’eau et de l’air, dégradation de notre cadre de vie, stress de notre vie urbaine quotidienne…

La montagne est sans doute l’un des derniers endroits où l’on peut retrouver une nature presque intacte, encore préservée de la main de l’homme. Cimes et vallons couverts de neige immaculée, sombres forêts, torrents jaillissants, flore et faune sauvage s’offrent encore à l’émerveillement du randonneur et du naturaliste.

 

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Reflet du Pic du Midi d’Ossau © Jean-Paul Falguières

Outre la lutte contre les pollutions et les constructions dégradant les paysages de nos montagnes, la préservation de la flore et de la faune est indispensable, chaque espèce étant un maillon essentiel de tout un écosystème montagnard. Les Pyrénées perdraient une partie de leur âme si disparaissaient la gentiane des Pyrénées, petite plante dont la fleur bleue parsème les prairies humides des hauts alpages, la dioscorée des Pyrénées, que l’on rencontre encore sur quelques escarpements rocheux de la vallée du Tech et la vallée de Pinède, le carabe des Pyrénées, petit insecte se réfugiant en été sous les pierres humides à la limite des névés, le desman des Pyrénées (« rat-trompette »), petit mammifère subaquatique habitant les eaux claires des torrents de montagne où abondent les truites (2), ou encore l’ours des Pyrénées, dont la chasse et la réduction de son biotope avait réduit la population a quelques sujets, et qui ne doit sa survie qu’à l’apport de sang d’ours slovènes.

Mais il est aussi un mode de vie pastoral, fragile et en voie de disparition, et dont les bergers assistés de leurs labrits, les cabanes, les brebis gardées par les Patous, les transhumances, les coutumes et traditions, transmises depuis des siècles par les vieux bergers aux plus jeunes, et auxquels les chiens de berger pyrénéens sont intimement liés, constituent un patrimoine culturel et naturel unique. La préservation de ce patrimoine, indispensable à la sauvegarde de nos montagnes, devient alors sans doute une des contributions majeure à l’écologie moderne.

 

IMG_0838 Ci dessus: Joubarbe toile d’araignée – © Jean-Paul Falgières

 

Une vie de Patou…

 

« Le printemps venu il montait vers les hauts pâturages, armé d’un bâton ferré et suivi de ses chiens. Là, mangeant un mauvais pain de blé noir et buvant l’eau des ravins, il livrait chaque jour des combats à l’ours carnivore qui rôdait autour de ses troupeaux; puis, quand les mauvais jours de l’automne annonçaient l’hiver, il rentrait dans sa hutte où il passait de longs mois, enseveli dans la neige, à écouter chaque nuit les hurlements lointains des loups ».

Latour de Saint-Ybars (1808 – 1891), La question forestière.

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Photographie ci-dessus: le Labrit est l’auxiliaire indispensable du berger pour mener le troupeau – © Jean-Paul Falguières

L’esprit du voyageur de jadis a souvent été frappé par l’ensemble pittoresque que formaient tous ces bergers dans les costumes colorés de l’époque, leurs troupeaux, et surtout par ces grands chiens blancs qui les accompagnaient.

Mais laissons à Louis Fourcassié le soin de nous mettre dans l’atmosphère, d’après les récits qu’il recueillit auprès de vieux bergers, dans Ca de oilles, 1943 (1):

« … De grand matin les bergers s’éveillent et les chiens, qui déjà attendent leur déjeuner, reçoivent un peu de pain ou de bouillie. Puis c’est le départ, à grands bruits de sonnailles. Les chiens accompagnent le troupeau, circulant au milieu des brebis qui, habituées à leur présence, se dérangent à peine pour les laisser passer. Ils ont, pour ces bêtes qu’ils défendent, une très grande affection – disons même un amour jaloux – et jamais un berger n’a vu un de ses chiens malmener l’une d’elles ou seulement la menacer.

 

Toute la journée se passera tranquillement. Les chiens s’en vont, de leur allure noblement balancée, recherchant les coins ombragés pour dormir quand il fait chaud. Seul le repas de midi apporte un peu d’excitation: chacun veut avoir sa part de soupe au pain (…).

L’après-midi sera aussi calme que la matinée. Pas de manifestation exubérante, jamais de mouvements inutiles.

Il ne faudrait pourtant pas prendre cette placidité pour de la négligence et l’étranger qui aurait envie de s’approcher du troupeau changerait vite d’idée. Ni par la voix, ni par les gestes ou des friandises, il n’arriverait à apaiser les chiens furieux qui, le poil hérissé, montrant les dents, n’ont pas un aspect rassurant. Heureusement que les bergers sont toujours là pour rétablir l’ordre.

A l’approche du soir, le troupeau est rassemblé à l’intérieur du bercail où il passe la nuit. Ce bercail est constitué par des barrières de bois qu’on déplace régulièrement ou par des murs de pierre sèche d’une hauteur suffisante (…).

C’est autour de ces bercails que veille le chien des Pyrénées: c’est là l’essentiel de son travail et jamais il ne manque à sa consigne. »

 

 

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Pic du midi d’Ossau © Jean-Paul Falguières

« Personne désormais n’a le droit de franchir l’enceinte (…).

Déjà la nuit tombe. Après avoir jeté un dernier regard sur leurs troupeaux, les bergers vont se coucher dans leur cabane, quand il en existe à proximité du bercail. Sinon chacun s’enferme dans son « escoute », sorte de grand coffre de bois couvert d’un toit à double pente et muni de brancards permettant de le transporter. Ils entrent dans l’escoute en soulevant un des panneaux de dessus qu’ils rabattent ensuite dès qu’ils sont couchés, leur vieux fusil à côté d’eux.

 

C’est alors que la garde commence autour des bercails.

Pour lutter efficacement contre leurs ennemis, les chiens portent un collier hérissé de piquants qu’ils ne quittent que pendant l’hiver. Le véritable collier du chien de montagne (le « courras », en patois), est entièrement en fer forgé. Il est constitué par des plaques unissant entre elles une quarantaine de pointes dont les plus longues ont une dizaine de centimètres. Cette véritable armure entoure le cou du chien. Une pointe descend en arrière presque jusqu’au garrot, une autre vers le poitrail; d’autres s’avancent vers le menton et en arrière des oreilles. L’animal est ainsi sérieusement protégé, surtout contre les loups qui, essayant le plus souvent de saisir leur adversaire à la gorge, se blessent cruellement.

 

Les chiens restent éveillés toute la nuit. Inlassables guetteurs, ils se tiennent au sommet d’une roche élevée ou d’un promontoire d’où ils peuvent plus aisément surveiller les alentours. Grâce à leur subtil odorat et à la finesse de leur oreille, ils sentent l’ennemi de loin; alors, amplifié par tous les échos de la montagne, ils font entendre dans le silence de la nuit, pendant des heures, leurs voix graves et puissantes.

 

Aidés par le brouillard qui assombrit encore les ténèbres et favorisés par le vent, les loups ou l’ours arrivent parfois à se glisser jusqu’au bercail. Tous ensemble, en une redoutable équipe, les chiens se sont précipités sur l’adversaire. Un furieux combat s’engage.

Des grondements étouffés ou des hurlements de douleur, les bêlements affolés et les piétinements des moutons, c’est tout ce que le berger perçoit de la bataille. Il soulève le couvercle de l’escoute, passe la tête et sort son fusil, mais il est bien rare qu’il puisse intervenir dans une pareille obscurité.

Les maraudeurs, mordus par les chiens, la gueule déchirée par les pointes acérées des colliers, ne tardent pas à battre en retraite.

On pense bien que la lutte ne va pas sans de grands dangers pour les défenseurs; car les loups, souvent en nombre, ont un coup de dent redoutable, et l’ours, bien protégé par son épaisse toison, assène avec une force incroyable des coups de ses pattes armées de longues griffes (…).

 

On rencontre encore dans les Pyrénées quelques vieux bergers qui ont, dans leur jeunesse, gardé les moutons en leur compagnie. Ils en ont conservé un souvenir plein d’admiration, et c’est avec une sorte de respect qu’ils parlent de leur fidélité, de leur dévouement, de leur intelligence et de leur courage. »

 

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Photographie © Jean-Paul Falguières

Le caractère du Patou a été forgé par des siècles d’activité pastorale. Les fouilles archéologiques révèlent que ses ancêtres peuplaient les Pyrénées depuis l’âge du Bronze (1800 ans av. J.C.), et l’on retrouve les traces d’un grand chien blanc protecteur du troupeau dans des textes romains vieux de plus de 2000 ans; à l’époque romaine, le chien de protection était déjà l’auxiliaire indispensable du pâtre, qu’il accompagnait sur les chemins de transhumance, et dont il protégeait les brebis…

Au fil des siècles, il a appris à agir de manière indépendante et réfléchie; doté d’un grand sens de l’observation et d’un esprit d’analyse, il devait prendre de lui même des décisions de façon indépendante lorsque, perché sur quelque promontoire surplombant ses brebis, il humait dans la brume du matin un intrus s’approcher.

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Ecoutons Louis Fourcassié nous expliquer en 1943 (1) les qualités morales du montagne des Pyrénées, que l’on retrouvera de façon plus générale chez tous les chiens de protection des troupeaux:

« Ce n’est pas un expansif, un exubérant. Ce n’est pas un de ces chiens qui nous séduisent tout de suite par leur vivacité et leur malice. Aussi lorsque, sans le connaître, on le voit pour la première fois, tranquille et sérieux, on pourrait le croire apathique et nonchalant.

Mais un de ses regards détromperait déjà. Son caractère se laisse moins facilement pénétrer que celui d’un chien de chasse ou d’un chien de berger. Son intelligence, en effet, n’est pas de même nature: si elle a l’air moins prompte, elle est en réalité plus profonde; si elle a l’air moins vive, elle est aussi plus réfléchie.

Pareille différence semble bien tenir à son éducation: le berger qui met en lui sa confiance lui laisse une entière responsabilité et, n’étant pas soumis à des commandements incessants, c’est à lui seul de prendre les initiatives. Ne vivant pas constamment en contact avec ses maîtres, son tempérament est plus indépendant. Aussi ses facultés intellectuelles, en quelque sorte plus libres et détachées de l’influence de l’homme, ne nous paraîtront que plus admirables.

Si le Pyrénéen n’est pas un agité, c’est par contre un observateur remarquable. Rien près de lui ne passe inaperçu; il connaît la place de chaque chose, aucune habitude de la maison ne lui échappe.

Dans la montagne, il aime se tenir sur les escarpements d’où il peut surveiller les alentours; parfois, en cours de route, il se retourne comme pour se rendre compte du chemin qu’il vient de parcourir et, quand il entend un bruit suspect ou que quelque odeur lui parvient, il s’arrête un moment et tourne la tête à droite et à gauche pour se rendre compte.

Cet esprit d’observation si curieusement développé, en même temps que l’attention qu’il porte à tout ce qui l’intéresse, et la bonne mémoire dont il est doué, contribuent à coup sûr dans la plus grande mesure à la formation de son intelligence. »

 

IMG_2096-1 Photographie: © Jean-Paul Falguières

Voici la recette de la pâtée pour chiens des Pyrénées (patous) préparée par les bergers en montagne et communiquée par Oscar Comettant dans « De haut en bas. Impressions pyrénéennes » en 1868:

« La pâtée qu’on fait avec de la farine de maïs est, avec le pain plus ou moins rassis et l’eau claire, la nourriture du pasteur et de son chien. Cette farine assez grossière, est mise avec de l’eau dans un chaudron sur un feu vif. Dès que le mélange commence à bouillir, le pasteur le remue avec un petit bâton. Quand la pâte a diminué d’environ un tiers, la cuisine est faite. Sur cette pâte chaude, on verse du lait froid; quand la pâte est froide, on fait chauffer le lait. La pâte est faite pour deux jours, et on en mange depuis le premier janvier jusqu’à la Saint-Sylvestre. C’est, comme on voit, passablement monotone. Quelquefois pourtant le pasteur sybarite et fin gourmet ajoute à la pâte une écuelle de soupe.

Voici comment se fait le pot-au-feu sur la cime des monts: un morceau de lard est mis dans la marmite sans aucun légume et dans une quantité d’eau proportionnée, non point au volume du lard, mais au nombre des personnes qui désirent manger de la soupe. Quand le lard est cuit, on le retire de la marmite qu’on remplit de morceaux de pain. Pendant que le pain mitonne dans le bouillon, les pasteurs mangent le lard. Cette friandise avalée, la soupe se trouve faite, et elle est mangée à son tour (…). Hommes et chiens s’en régalent. »

 

Les Patous partagent la rude vie des bergers depuis 2000 ans… mais aussi leur frugal repas, bien décrit ici par Oscar Commettant.

Il est amusant de signaler ici qu’à 3000 kilomètres de là, dans les montagnes du sud des Balkans, j’ai constaté, lors de mes courses à travers la montagne à la rencontre des bergers, qu’ils donnent à leur Sarplaninac, autre chien de protection du troupeau, une nourriture similaire: de la farine de maïs cuite pendant 4 heures sur le poele, avec du petit lait, parfois quelques os et presque jamais de viande. Ils n’en mangent d’ailleurs que fort peu eux-mêmes.

 

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Dans la bergerie d’altitude (bacila), les bergers préparent la « polenta » pour nourrir leurs chiens de protection du troupeau: il s’agit de farine de maïs cuite pendant 4 heures sur le poêle  dans laquelle ils peuvent incorporer du petit lait (Montagne Stogovo – Macédoine © Mirkovic/Rouchon)

 

 

On pourrait avancer une raison fort simple pour expliquer que fut si fidèlement suivi le conseil de Delille: « D’un pain pétri de lait, nourris les sentinelles », dans les divers massifs montagneux d’Europe et d’Asie: c’est peut être tout simplement parce que le berger n’avait rien d’autre à leur proposer.

Cependant, le voyageur pourra constater, lorsqu’il aura le privilège de rencontrer, au gré de ses randonnées à travers la montagne, les chiens venir au devant de lui, ses brebis restant massées derrière, que les défauts d’aplombs, si fréquents chez nos chiens citadins alimentés avec nos graines industrielles, sont fort rares sur la montagne. Dans leur course à des produits de plus en plus caloriques et protéinés, les nutritionnistes pourraient peut-être considérer la nourriture traditionnellement utilisée depuis des siècles dans nos montagnes, et qui, en partie certainement, a permis de forger les races montagnardes qui nous sont remises, intactes, pour notre plus grand bonheur, mais que nous devons préserver, et non faire évoluer de façon fantaisiste au gré des modes.

 

La vie pastorale aujourd’hui

 

Jusqu’à la fin du XIXème siècle, le sytème pastoral est resté immuable dans les montagnes pyrénéennes, reposant sur les mêmes fondements qu’autrefois; culture et traditions, auxquelles les chiens de bergers pyrénéens étaient intimement liés, profondément ancrés dans la mémoire collective, étaient transmis de génération en génération des vieux bergers aux plus jeunes.

De nombreux bouleversements intervinrent au XXème siècle; la quasi disparition des grands prédateurs, loups et ours, a suscité le désintérêt des pâtres envers leurs Patous qui, devenus inutiles et déchus de leur splendeur passée, ont progressivement disparu de leur biotope naturel, continuant dans quelques rares villages à mener une existence chétive, dans l’attente d’une probable disparition.

De nouvelles techniques d’élevage, plus rentables et offrant de plus confortables conditions de vie aux bergers, ont entraîné un déséquilibre progressif de l’écosystème pastoral; les pâtres ont délaissé le Labrit au profit d’autres races de chiens de conduite du troupeau, plus standardisées et plus adaptées aux nouvelles conditions de l’élevage ovin.

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Pâtre et son chien de conduite Border collie, plateau de Bious Artigue, août 2002 © Jean-Paul Falguières

Jacques Coly, dans Les chiens de berger pyrénéens, une réalité culturelle dans la société pastorale, 1994 (2) nous décrit la vie pastorale aujourd’hui.

De la fin du mois d’octobre à la fin du mois de mai, les bergers habitent dans leur ferme, dans les villages souvent nichés au fond des vallées, au pied des versants ou perchés sur des épaulements (2). Les prés entourant le village, vers 800 à 1000 mètres d’altitude, sont fauchés au printemps pour faire les foins, et peuvent être pacagés en hiver. Le rôle du Patou est là essentiellement d’assurer la compagnie du maître et la garde de sa ferme.

Plus haut, vers 1500 – 1800 mètres, les « germs » sont des pâturages de moyenne altitude, où paissent les brebis au printemps et à l’automne, et où se trouvent des habitations temporaires, étables et granges.

Encore plus haut se trouvent les estives, où, de mai à octobre, les paysans des plaines envoient pâturer leur troupeaux.

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Cabane d’estive près du Pourtalet – © Jean-Paul Falguières

 

L’habitat traditionnel temporaire des bergers pendant les 4 mois d’estive est la cabane, que nous décrit ici Jacques Coly (2):

 « La cabane d’estive est aux bergers pyrénéens ce que l’igloo est aux esquimos, la yourte aux paysans sibériens, la tente aux nomades touaregs, la hutte et le wigwam aux indiens de la côte de l’Atlantique; une même architecture adaptée au milieu et aux besoins, construite selon des techniques archaïques, sans doute héritée de la Préhistoire, et avec des matériaux trouvés sur place (glace, peaux de renne ou de gazelle, herbes, écorces, pierres, mottes de gazon). L’habitat rural, temporaire ou non, est très fortement lié au groupe humain, ainsi qu’au milieu qui le conditionne; la cabane, abri pastoral, marque essentielle du berger ou de l’éleveur nomade, est le reflet de son état social ».

 

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Jadis très nombreuses dans les Pyrénées, les cabanes des pâtres, orry dans l’Ariège, cujala dans le Béarn, étaient construites près d’un point d’eau, à partir de matériaux trouvés sur place: pierres (souvent liées avec de la terre ou de la bouse), lauzes, planches, écorces, mottes de gazon, dans un endroit bien exposé protégé des avalanches.

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Jacques Coly (2) nous décrit les structures interdépendantes souvent annexées à la cabane, formant « l’unité pastorale d’altitude »:

 « On y trouve généralement, outre la cabane, parfois aménagée pour la fabrication du fromage (Barétous, Aspe, Ossau, Ouzom, Barousse, Comminges, Couserans), une petite étable réservée aux veaux non sevrés, un appentis servant d’abri pour la traite, une niche-laiterie (« leyté ») destinée à rafraîchir les bidons de lait, un petit réduit creusé à même la terre (« mazuc ») pour le beurre et le fromage, une loge pour les cochons et un parc ou enclos de contention ou de traite pour le bétail. L’orry ariégeois comprenait généralement, près de l’entrée, la niche destinée tant au chien de berger qu’au chien de garde ».

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Ci-dessus: aujourd’hui, les aménagements modernes apportés aux cabanes (sanitaires, panneaux solaires permettant la production d’eau chaude et d’électricité) ont grandement amélioré les conditions de vie et de travail (clôture et trayeuse électrique) des bergers, dont le ravitaillement hebdomadaire se fait maintenant par héliportage ou par véhicules 4X4, qui ont remplacé l’âne et le mulet – Photographie © Jean-Paul Falguières

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La vie dans les estives est rythmée par l’activité du troupeau: traite, fabrication du fromage, soins aux bêtes, surveillance du troupeau.

Cependant, dès la fin du XIXème siècle, la raréfaction des grands prédateurs, continuellement pourchassés, empoisonnés, provoqua le déclin du Patou, devenu inutile, et au début du XXème siècle, la race s’éteignait insensiblement.

Mais ces dernières années, avec les problèmes de prédation du fait des chiens errants, on constate un regain d’intérêt pour le Patou, chien de protection des troupeaux, dont quelques sujets reprennent la route des estives…

 

D’autres races de chiens de protection se sont éteintes dans la première moitié du XXème siècle, du fait de la disparition des prédateurs, et aussi des deux guerres mondiales.

Ce fut le cas du chien de Camargue que nous décrivent plusieurs auteurs au XIXème siècle, comme ici L. Remacle dans la « Revue de Paris » du 15 août 1898:

« La race des grands chiens de Camargue qui protège les troupeaux, produit des chiens énormes que leur épaisse fourrure blanche ou tachée de noir fait paraître plus volumineux encore qu’ils ne sont. Plus forts et plus beaux que ceux des Pyrénées, ce sont les plus grands chiens que nous possédions en France. Redoutables aux malfaiteurs à deux ou quatre pattes, ils sont incommodes et parfois dangereux pour les passants. » (2)

 

 

Le patou de demain

 

 

Patou et Pyrénées sont indissociables, de même qu’il est difficile d’imaginer l’Inde sans le Tigre, la Tanzanie sans ses grands fauves, ou les montagnes de l’Ouganda sans gorilles. Pendant plus de 20 siècles, des générations de bergers se sont transmis les chiens pyrénéens, qui constituent de ce fait un patrimoine historique qu’il faut préserver, et non faire évoluer au gré des modes fantaisistes.

Dans sa thèse de Doctorat Vétérinaire, Louis Fourcassié écrivait en 1943 à propos de la mode des robes entièrement blanches:

 « Cette question de la couleur a donné lieu à bien des discussions: certains éleveurs, préférant la robe entièrement blanche, se sont efforcés, souvent sans l’avouer, d’isoler ce caractère. D’autres, au contraire, ont jugé pareille sélection avec sévérité. Que devons-nous penser de ces divergences d’opinion?

En faveur de la robe entièrement blanche, une plus grande pureté de race a parfois été invoquée. Et pourtant aucun doute n’est permis: la robe initiale du Pyrénéen est tachée. Il suffit pour s’en assurer de se rapporter aux nombreuses gravures romantiques, pour la plupart des lithographies en couleur datant de plus de cent ans, qui nous représentent le chien des Pyrénées dans son cadre de montagne. Ces chiens sont mêmes plus fortement tachés que de nos jours, où on constate un éclaircissement de la robe, non seulement dans l’étendue mais encore dans le ton des couleurs. »

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C’est grâce à des cynéphiles passionnés que la race du chien de montagne des Pyrénées ne s’est pas éteinte, en même temps que disparaissaient de son biotope naturel ceux qui, depuis plus de 2000 ans, étaient sa raison d’être, les grands prédateurs des troupeaux ovins.

Louis Fourcassié (1), en 1943, nous relate l’historique de ce sauvetage:

« Au début du XXème siècle, les sujets de race étaient de plus en plus rares: dans les Pyrénées, quelques chiens étaient encore entretenus par les propriétaires de troupeaux, dans les régions où l’ours apparaissait de temps en temps. Des aubergistes, des bouchers en faisaient parfois le commerce, mais sans trop se soucier d’en maintenir la pureté.

Dans le reste de la France, les environs de Paris notamment, on rencontrait un assez grand nombre de sujets qui, pour la plupart, avaient perdu peu à peu leurs qualités essentielles.

Heureusement apparurent bientôt des cynophiles passionnés qui surent redonner à la race un essor nouveau.

En 1907, Messieurs Sénac-lagrange, J. Camajou, le baron de Chevrelière et le docteur Molonguet fondèrent le « pasteur Club » qui publia et fit accepter le premier standard de la race.

La même année, Monsieur Byasson fondait à Argelès-Gazost le « Club du chien des Pyrénées ».

Pendant que ces associations s’efforçaient, par la propagande, les concours et l’utilisation des meilleurs géniteurs, de propager la race tout en la conservant dans sa pureté, certains éleveurs se consacraient intelligemment à son élevage (…).

Les expositions voyaient tous les ans les progrés de la race lorsque éclata la guerre de 1914. Au lendemain de ces évènements, le cheptel était réduit à presque rien: quelques lices ici et là et, par chance, deux bons étalons marqués de gris, de très bonne et vieille souche.

En 1923, Monsieur Sénac-Lagrange fondait la « Réunion des Amateurs de chiens pyrénéens » (R.A.C.P.). Dès lors, la race progressa rapidement.

La tâche de la R.A.C.P. a consisté avant tout à affirmer la race.

1. Par le choix des meilleurs reproducteurs.

2. En encourageant l’utilisation de ces reproducteurs par des primes spéciales.

3. Par l’inscription des meilleurs sujets au livre spécial de la race (Livre Pyrénéen). A ce livre, ne sont inscrits que les reproducteurs adultes bien typés, et après examen favorable d’un juge notable de la race ou d’une commission spécialement mandatée par le Club. Contrairement aux méthodes en usage pour la plupart des livres, aucun chien n’est inscrit sur simple déclaration.

4. Par l’élimination progressive des sujets présentant des signes d’abâtardissement ou simplement suspects d’abâtardissement. Il s’agissait ici d’éliminer non seulement les chiens présentant des signes de croisement avec le « Mastin » (particulièrement fréquent dans la région de Luchon), mais les derniers descendants d’un étalon Saint-Bernard, introduit dans la région il y a une cinquantaine d’années.

5. Et enfin elle s’efforce de conserver dans la région pyrénéenne, au berceau de la race, les reproducteurs les plus remarquables. »

 

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Comme c’est le cas pour toutes les associations de races, l’un des objectifs de la R.A.C.P. est de promouvoir la race (pour maintenir un pool génétique suffisant), et de maintenir, d’améliorer la qualité du cheptel.

Cet objectif est réussi, le chien de montagne des Pyrénées a non seulement échappé à une disparition programmée, mais le cheptel, dont les sujets vivent pour la plupart en dehors de son berceau d’origine, est maintenant suffisamment important en quantité et en qualité, pour que son avenir soit assuré pour les siècles à venir.

Mais il est aussi remarquable, et fort louable, car peu de clubs de races ont suivi la même stratégie, que dès sa création, au début du XXème siècle, la Réunion des amateurs de chiens pyrénéens a compris et mis en avant le lien inaltérable entre les races pyrénéennes, dont le Patou, et leurs montagnes d’origines et la vie pastorale.

Louis Fourcassié, en 1943 (1), relate, d’après les renseignements que lui a fournis M. Sénac-Lagrange, que le club de race « s’efforce de conserver dans la région pyrénéenne, au berceau de la race, les reproducteurs les plus remarquables« .

 

Cinquante ans plus tard, Jacques Coly (2) témoigne que cet objectif est plus que toujours d’actualité: 

« La Réunion des Amateurs des Chiens Pyrénéens (R.A.C.P.), bastion incontesté et fer de lance de la faune canine pyrénéenne, oeuvre pour la conservation de son entité génétique et sa diffusion culturelle. Elle s’est assignée comme exigence ultime de revaloriser l’emploi du chien de berger et du chien de montagne des Pyrénées, et d’encourager toute action qui couvrira ce but ».

 

D’une part en effet, l’avenir du Patou ne peut se concevoir sans le maintien de l’intime relation qui le lie à la vie pastorale dans les Pyrénées. Il a été façonné par des siècles d’activité pastorale dans les estives pyrénéennes, dont il était l’un des éléments essentiels de l’écosystème, permettant la cohabitation du berger, de ses brebis, des loups et des ours. Envisager une sélection totalement coupée de ce lourd passé conduirait à coup sûr, en raison de la variabilité génétique caractérisant Canis familiaris, à de rapides et irréversibles changements de son type, de sa constitution, de son caractère.

En organisant sa Nationale d’élevage de septembre 2005 à Argelès-Gazost, berceau de la race, la R.A.C.P. montre bien là son attachement à maintenir le lien entre les chiens pyrénéens et leurs montagnes d’origine. Les éleveurs éloignés des Pyrénées pouvaient à cette occasion partir dans les hauts pâturages, à la rencontre des bergers, des brebis et de leurs chiens. En partageant le repas du berger dans sa cabane d’estive, en voyant vivre les chiens sur leur terre ancestrale, en s’imprégnant de la vie pastorale, ils ont pu comprendre l’âme des Pyrénées, et cette expérience leur sera certainement très profitable, plus tard, pour la conduite de leur sélection. De telles initiatives, rarissimes dans d’autres clubs de race, ne peuvent être qu’encouragées.

 

D’autre part enfin, le patou est indispensable aux Pyrénées.

Il reste un précieux auxiliaire du berger, qui doit faire face à une nouvelle forme de prédation: les chiens errants. Il faut sensibiliser les jeunes éleveurs au formidable réservoir canin qui s’offre à eux, issu des chiens qu’utilisaient leurs ancêtres, et aux possibilités d’utilisation de ces animaux autochtones, parfaitement adaptés aux besoins comme au terrain (2).

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Photographie © Jean-Paul Falguières

 

Mais au delà des bergers, ce sont tous les pyrénéens, dans chaque vallée, dans chaque village, qui doivent prendre conscience que la faune canine pyrénéenne, Labrit et Patou, font partie de leur patrimoine, qu’il faut préserver. Compagnons et auxiliaires indispensables du berger depuis plus de 2000 ans, Labrit et Patou ont traversé les siècles pour nous être remis, intacts, et témoigner d’un mode de vie qui est l’âme des Pyrénées. A ce titre, ils doivent être préservés dans leur biotope naturel, tout comme la faune sauvage pyrénéenne.

Et quelle déception, pour le randonneur, de traverser nombre de villages sans voir de chiens pyrénéens, ou de croiser un berger dont le troupeau est mené par un Border collie, et de ne pas voir, parmi les brebis, la silhouette rassurante du patou…

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Photographie © Jean-Paul Falguières

Dans son enquête réalisée entre 1982 et 1986 (2), portant sur 276 communes de son berceau d’origine, Jacques Coly nous révèle la présence dérisoire du montagne des Pyrénées dans son biotope naturel à la fin du XXème siècle. Seuls 69 Patous sont recensés sur l’ensemble des 276 communes. Ces chiffres révèlent la désaffection des montagnards pyrénéens pour une race que leurs ancêtres ont mis des millénaires à façonner.

 

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Ci-dessus: Après avoir été rejeté pendant près d’un siècle par ses utilisateurs qui n’en voyaient plus l’utilité, le Patou retrouve depuis quelques années le chemin des estives, pour protéger les troupeaux contre les attaques de chiens errants, et aussi pour permettre aux derniers ours de survivre dans la montagne… Photographie © Jean-Paul Falguières

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Il faut inciter les bergers à utiliser des Patous de race pure, car c’est d’une part reconnaître le travail des éleveurs et de la R.A.C.P. qui ont oeuvré à préserver la pureté et l’originalité de la race, et permis au Patou de traverser intact une période de son existence où les bergers l’ont abandonné, et c’est aussi d’autre part contribuer à la sauvegarde d’un élément essentiel du patrimoine pyrénéen. (Photo Dépêche du Midi)

 

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Traite des brebis, le soir © Jean-Paul Falguières

 

 

Même s’ils ne sont pas bergers, tous les pyrénéens peuvent contribuer à la sauvegarde du patou dans sa montagne d’origine.

Déjà, en 1943, Louis Fourcassié (1) proposait d’autres utilisations du patou sur sa terre ancestrale:

« En vingt ans à peine, les sports d’hiver ont pris une singulière extension. Les pentes enneigées, jadis considérées avec horreur, voient affluer des bandes bruyantes qui sont venues troubler le silence des montagnes.

Le chien des Pyrénées n’a-t-il pas sa place dans ces jeux? N’est-ce pas pour lui l’occasion unique de reconquérir ce domaine ancestral qu’il était en train d’abandonner?

Pour l’élégante skieuse de Superbagnères ou de Font-Romeu, est-il ornement plus approprié qu’un de ces grands chiens dont la taille imposante et la blancheur de toison s’harmonisent si bien avec la majesté du site et l’originalité du costume?

Mais s’il sait flatter l’oeil par sa beauté, ses qualités de montagnard accompli seront toujours appréciées par ceux qui, loin des pistes mondaines, recherchent, en même temps que la griserie de la descente, les plaisirs de la solitude.

Il se déplace dans la neige avec une facilité surprenante, en laissant l’empreinte de ses larges pieds. On sent qu’il est là dans son élément. Il marche devant d’un pas rapide et s’arrête fréquemment pour attendre ceux qui le suivent. Il a vraiment le sens des bons passages et, aidé par son excellente mémoire, c’est le guide le plus sûr qu’on puisse souhaiter, surtout la nuit ou par temps brumeux.

Nous connaissons un de ces chiens qui a l’habitude d’accompagner les skieurs passant d’Andorre en France par le col d’Envalire, jusqu’à ce qu’ils soient arrivés à la gare de l’Hospitalet. Dans les descentes, on arrive parfois à le dépasser, mais si on tombe, il est déjà à vos côtés, vous regardant d’un oeil ironique.”

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Photographie © Jean-Paul Falguières

“Celui qui voit rôder un chien des Pyrénées dans les rues d’un village, l’air désoeuvré, ne peut soupçonner la vivacité dont il fait preuve quand il est dans la neige: il s’y roule, il la mord à pleine gueule avec délices et prend les plus fortes pentes tout droit, sans la moindre appréhension. Du reste, il est infatigable et, après une journée bien remplie, alors que les skieurs fatigués sont rentrés au refuge ou dans la cabane, il va faire un tour de promenade et s’endort ensuite, couché en rond, dans la neige.

D’ailleurs, n’a-t-il pas fait ses preuves?

« Avec huit Pyrénéens, j’ai pu – écrit Madame Andrée Renier (La vie à la campagne, 1er septembre 1928, n° 303, ch.XXV, p. 342)- presque toujours seule, traverser les Alpes des environs de Nice au lac Léman, mon équipe étant divisée en chiens porteurs, équipement analogue à celui des chiens contrebandiers, et en chiens guides. Ceux-ci allaient de l’avant, s’arrêtant brusquement avec un instinct infaillible de la neige dangereuse, reconnaissant les chemins et bien souvent pour les itinéraires de vallée sans pente suffisante pour le ski, me servant de cheval, me tirant à bon petit galop en ski-joring. »

Un autre sportif, Monsieur Fasquelle ( La vie à la campagne, numéro exceptionnel, 15 avril 1936, vol. 98, p. 30), réalise un exploit analogue en allant de Nice à Briançon, en plein hiver, traîné par ses chiens des Pyrénées. « Et ce fut le victorieux et magnifique « Raid des Grands Molosses blancs » que le cinéma enregistra et qui valut au jeune sportif une lettre d’éloge de M. Painlevé, alors ministre de la guerre. »

Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de partir en si nombreux équipage et un seul chien apportera à une partie de ski une gaîté et une sécurité qui paraîtront vite indispensables à une promenade en montagne.

Ces qualités de chien de neige qui font du Pyrénéen le plus agréable des compagnons ne doivent pas nous faire oublier qu’il peut aussi rendre de grands services: nous avons vu qu’il est capable de fournir de très bons guides qui éviteront au voyageur de s’égarer. Un dressage approprié en fera de même un chien de liaison, et c’est à ce titre qu’il a été utilisé dans certains forts des Alpes. Enfin c’est le chien de sauvetage par excellence.

Que ce soit dans un dessein utilitaire ou simplement pour notre plaisir, le chien des Pyrénées mérite d’être utilisé bien plus largement qu’il ne l’est, car si le chien de bercail, féroce défenseur des brebis, semble bien disparaître sans retour, il ne sera pas dit que nos Pyrénées vont cesser de retentir du bruit de sa voix. Nous pouvons entrevoir pour la race des possibilités nouvelles qui, tout en lui assurant une plus grande expansion, ne lui feront rien perdre de sa remarquable rusticité. »

 

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Premières neiges – Pic du Midi d’Osseux © Jean-Paul Falguières

 

 

En guise d’épilogue, voici les lectures qui m’ont permis d’écrire cet article; le lecteur pourra, en les consultant, prendre la mesure de tout l’héritage que représente le Patou qui, acteur indispensable de la société pastorale pyrénéenne, a participé à l’édification de notre culture.

 

 Sébastien Mirkovic

 

 

(1) Louis Fourcassié, 1943, Thèse de Doctorat Vétérinaire

Cette thèse peut être consultée dans la bibliothèque de chacune des 4 écoles vétérinaires françaises.

 

(2) Jacques Coly, 1982 – 1994, Les chiens de berger pyrénéens – Une réalité culturelle dans la société pastorale.

Format A4 – Couverture 160 g – Reliure thermocollée plastifiée – 2 x 200 pages

Illustrations, dessins, cartes, tableaux statistiques, graphiques, bibliographie exhaustive

Prix 38 euro les 2 volumes

1er volume : origine – histoire – évolutions et techniques d’utilisation

2ème volume : ethnographie – pastoralisme – folklore

Etude historique, ethnographique, anatomique et statistique réalisée entre 1982 et 1994 avec la collaboration de 144 bergers des quatre départements pyrénéens (Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Ariège)

A commander directement auprès de l’auteur : COLY Jacques – 1 bis, impasse du Bois d’Auteil – 94440 VILLECRESNES (France)

 

(3) Benoît Cockenpot, 1998, Le Montagne des Pyrénées.

Benoît Cockenpot élève des Montagnes depuis une quinzaine d’années. Appelé par le grand air de la montagne, il a un jour décidé de quitter la pollution urbaine pour se retirer avec sa famille au Cœur des Pyrénées. Ses Montagnes sont reconnus en exposition car il a su établir un véritable programme d’élevage basé sur une sélection rigoureuse. C’est le fruit d’une longue expérience que vous pourrez partager en lisant son livre. Disponible à la boutique de la R.A.C.P.: http://www.chiens-des-pyrenees.com

 

Enfin, je remercie ici Jean-Paul Falguières qui m’a permis d’utiliser quelques unes de ses superbes photographies des Pyrénées pour illustrer cet article.

Fasciné par ses paysages grandioses, par sa nature intacte, par sa qualité de vie loin du tumulte des grandes villes, Jean-Paul Falguières, photographe professionnel, nous présente la vallée d’Osau sur son site:

http: //www.jpf-photo.com/pyrenees

Sa faune, sa flore, sa vie pastorale font de cette vallée un lieu unique. Goûter aux joies de la randonnée hors saison d’affluence, c’est apprécier à sa juste valeur toutes ses richesses. Observer la flore, la faune sauvage, deviner la présence de l’ours sans jamais le voir, tout contribue à faire aimer plus que tout autre endroit ce coin de paradis.

 

 

 

 

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